La virgule

Une virgule… voilà comment je perçois mon cancer. Une virgule dans la phrase de ma vie. Une virgule qui m’oblige à arrêter avant de continuer le reste de ma phrase. Et il n’est pas question que ce cancer soit le point final!!!! J’ai bien l’intention qu’il y ais plein d’autres choses d’écrites suite à cette virgule. Des dizaines de phrases!!! Le point finale je veux le mettre à 100 ans!!! Pas moins que ça!

Bon fini le délire!

Mi-novembre 2007 je découvre une petite masse de la grosseur d’un petit pois dans mon sein gauche. Mais elle n’était pas là avant cette masse! Je ne sais pas depuis combien de temps elle y est puisque je ne suis pas très assidue dans mes auto-examen des seins, comme la plupart des femmes d’ailleurs.  J’avoue que je me suis inquiétée dès le départ. (J’ai lu dernièrement qu’il fallait suivre ses instinct dans ces cas là) Mon instinct me criait haut et fort d’aller voir mon médecin. Ce que j’ai fait. Mais pour un rendez-vous, même avec un mauvais médecin, ça prend du temps. Dans ce cas ce fut un long mois d’attente.

20 décembre 2007

Enfin jour de mon rendez-vous. Je vais être soulagée pour le fêtes. Mon médecin m’examine. Elle me dit que je suis jeune (29 ans) et qu’il n’y a aucun cas de cancer du sein (ni autres dailleurs) dans ma famille, alors je n’ai pas à m’inquiéter. Elle ne trouve pas ça inquiétant. Ça va sûrement repartir avec mes prochaines menstruations.

Moi je ne suis pas rassurée. Mon instinct me cri haut et fort de ne pas la laisser me mettre dehord comme ça. J’insiste sur le fait que je ne suis pas rassurée. Je demande s’il y a d’autres examens possibles. Elle finit par plier et me dit que je vais passer une échographie, puisqu’à mon âge la mammographie est inutile. Elle me rempli un papier pour que j’obtienne un rendez-vous dans les TROIS prochains mois.

TROIS mois!!! Mais comment je vais attendre aussi longtemps!

 Début janvier

Après avoir pensé à cette masse tous les soirs avant de dormir en vérifiant régulièrement qu’elle y est encore dans l’espoir qu’elle soit disparu comme le prédisait mon médecin, non seulement elle y est, mais en plus elle est devenue la taille de 3 ou 4 raisins réunis. Un deuxième mini-masse se fait même sentir à quelques millimètre de la première!

Je décide donc d’appeller mon médecin pour lui dire que je n’en peux plus d’attendre pour une écho. Je n’ai toujours pas été appelée pour un rendez-vous et cette bosse est grosse et difforme.

Elle me dit qu’elle va appeler pour faire rapprocher mon écho dans un mois. Bref, elle ne me prend pas plus au sérieux car je sais très bien qu’elle aurait pu me faire passer le lendemain si elle leur avait demandé!!!

5 mars

Un peu plus d’un mois s’est écoulé. J’ai eu le temps de tomber enceinte (car mon mari et moi voulions énormément avoir un autre enfant) et de le perdre à 5 semaines. Ce fût très dur pour moi. Mais j’essayais de me répéter ce que tous le monde me disait: ” T’es jeune et en santé , ça va repogner!!! ” .

Je me présente donc pour mon écho. Le radiologiste voit très bien la masse mais ne peut me dire ce que c’est. Il m’envoit donc prendre rendez-vous avec un chirurgien pour une biopsie.

Je vois ce chirurgien le 20 mars. Quand il constate la grosseur de la masse il me suggère tout de suite de la faire enlever sans faire de biopsie au préalable. De toute façon je n’ai pas l’intention de la laisser là, elle est devenue d’une grosseur dérangeante. Il est convaincu qu’à mon âge ce n’est pas un cancer mais il n’y a pas de risque à prendre. (Enfin quelqu’un qui ne joue pas avec la vie de ses patients)

27 mars

Chirurgie sous anestésie générale. Je n’ai pas peur des hôpitaux ou des cabinets de dentistes. Quand on me pique pour un vaccin ou une prise de sang, je regarde. Mais une anestésie générale je n’aime pas ça du tout. J’ai la phobie de ne pas me réveiller. Je sais que ce n’est pas vraiment justifié médicalement parlant, mais c’est ainsi!!!!

Bref, l’opération se passe bien. Juste quelques insatisfactions face à l’unité d’un jour en fin de journée mais bon, je vais passer… On a quand même de très bonnes conditions ici en général.

C’est l’attente qui commence. Comme tous le monde (médecins y compris) était convaincu que tout irait bien et que ce ne serait qu’un vulgaire kyste j’ai réussi à moins m’inquiéter pour un temps. Je me concentrais sur notre désir d’avoir un enfant. Mais on devait tout de même attendre les résultats avant de réessayer…

Puis deux semaines sont passées et je commençais à être impatiente de ne pas avoir mes résultats. Je m’inquiétais de plus en plus et j’avais peur de manquer ma prochaine ovulation à cause de ce délais.

Puis arriva le 14 avril.

Un lundi comme les autres. Je suis allée à mon travail (Arrimage) pour commencer ma journée puisque mon rendez-vous n’était prévu que pour 10h30. Je quitte le bureau quelques minutes avant l’heure du R-V en laissant tout tel quel. Je m’attendais à reçevoir des résultats négatifs ou rien du tout comme les trois autres R-V précédants où le chirurgien vérifiait ma plaie et enlevait mes agraffes.

Une fois dans le bureau du chirugien, j’attendais. C’était long. J’avais un mauvais “feeling”. J’étais tout d’un coup convaincu qu’il entrerait et m’annoncerait que j’ai un cancer. C’est ce qui se passa.

Comme mon mari travaillait ce jour là j’étais seule. J’ai eu besoin de toutes mes forces pour ne pas me mettre à pleurer afin de me concentrer sur ce que le chirugien lisait (rapport) et sur les questions que je devais lui poser.

Au bout d’une dizaines de minutes qui me parrures quelques secondes, j’ai quitté sont bureau. Sans références, sans informations, sans brochures, ni même un numéro de téléphone où appeler. J’ai marché vers la sortie, mais je n’ai pu l’atteindre en gardant mon sang froid. Il n’y avait personne autour de moi, je n’arrivait plus à contenir mes larmes. Je me suis retrouvée dans mon auto à pleurer tout mon être comme le jour où, deux ans et demi plus tôt, ma mère est décédée à l’âge de 51 ans.

Il était midi et je ne savais pas où aller. J’avais une amie en tête, mais je savais que son petit garçon allait dîner à la maison et je ne voulais pas arriver là-bas dans cet état. Les enfants sont fragiles à ce genre de choses. Je ne voulais pas l’effrayer.

J’ai reprise mes esprits du mieux que je pouvais et je suis partie direction chez moi. Puis j’ai attendu. J’ai pleurer en tournant en rond dans ma cuisine. Quand l’heure du dîner fût presque terminée, j’ai appelé mon amie. Elle m’a assurée qu’elle serait chez moi dans quelques minutes. Dès que le petit aurait grimpé dans l’autobus.

Ce qu’elle fit. J’ai passé l’après-midi à  passer du sourire aux larmes en compagnies de deux de mes amies (sa soeur l’avait accompagné). Elles ont bien réussi leur mission.

Je suis allée récupérer les enfants au service de garde à la fermeture en espérant croiser le moins de monde possible. Je ne voulais pas avoir à répondre à des: ” Salut! Ça va?” lancé à la légère sans vraiment vouloir une réponse sincère parce qu’on a pas le temps ou pas la tête à ça.

Puis j’ai attendu que mon mari arrive pour lui fondre dans les bras. Je lui avais annoncé par téléphone sur l’heure du dîner mais il ne pouvait pas s’en venir car il n’était pas allé travailler avec son auto.

Nous avons décidé qu’il valait mieux mettre les enfants au courant avant qu’ils l’apprennent de quelqu’un d’autres. J’ai pris soin de leur expliquer que le cancer du sein se soigne pour ne laisser planer aucun doute sur ma guérison. Mais l’annonce que je devais passer un mois à Qc pour des traitements ne leur à pas plu du tout. À moi non plus dailleurs.

 

 

 

Ó Tous droits réservés Nathalie Bourgeois 2008

 

~ par lanathalie le 14 mai, 2008.

Laisser un commentaire